Confidences de maman : Géraldine Dormoy, du blog Café Mode

Géraldine Dormoy par Marion Leflour
Géraldine Dormoy par Marion Leflour

Elle trouve toujours le ton juste, qu’elle parle de la dernière fashion week, de l’éducation de son fils Gustave ou de l’évolution de son job de journaliste. Géraldine Dormoy, voix douce et chevelure rousse ondulée, a su insuffler une atmosphère toute particulière sur son blog Café mode, convivial et intimiste. Avec sincérité et intelligence, celle qui est aussi responsable éditoriale Web de L’Express Styles, revient sur ses questionnements de maman trentenaire et évoque en souriant ses « modes de fonctionnement » pour une vie de famille sereine.

 

En tant que journaliste, Géraldine Dormoy connaît le pouvoir du langage et surtout « l’importance de trouver le bon mot ». Une justesse de ton qui séduit depuis près de dix ans les lectrices de son blog Café Mode, et que je retrouve dans ses phrases posées et réfléchies lors de notre rencontre, un mercredi midi à la terrasse d’Edgar, dans le IIeme arrondissement de Paris. Je souhaitais rencontrer Géraldine depuis longtemps, son blog fait partie de mes favoris, notamment parce que ses questionnements de jeune maman rencontrent mes propres interrogations.

Arrivée pile à l’heure, très élégante en jupe midi noire et lunettes de soleil rose pâle, elle est souriante et curieuse de savoir où je souhaite l’emmener avec mon « portrait de maman ». Elle annonce tout de suite la couleur, comme pour se dédouaner : « je ne sais pas comment ça se passe pour les autres parents, mais avec mon mari, on n’est jamais d’accord sur l’éducation ! ». Une entrée en matière plutôt rassurante, qui colle bien avec l’image que j’avais de Géraldine, douce et déterminée. « On passe notre temps à discutailler avec Mark, mais ce n’est pas grave, on a les mêmes valeurs et au final on se retrouve sur l’essentiel », explique-t-elle.

« In English please »
A 39 ans, elle est la maman de Gustave, bientôt 4 ans, bouille irrésistible, fan de trains et de bus, déjà presque bilingue grâce à son papa Mark, britannique. La conversation s’engage tout naturellement sur le sujet du bilinguisme, une question chère à Géraldine, qui a dû lutter pour imposer la langue de Shakespeare à la maison. « J’ai insisté, il était inconcevable pour moi que Gustave ne parle pas anglais ». Le choix de l’école a été mûrement réfléchi : « dans l’idéal nous aurions voulu une place dans une école bilingue. Mais la plus proche de chez nous était trop chère et cette barrière du prix à l’entrée me gênait. Nous avons donc décidé de choisir l’école du quartier, avec une inscription à des ateliers d’anglais à l’école Prunelle tous les mercredis pour compenser ». Reste que l’apprentissage des deux langues demande une vigilance de tous les jours, et que Géraldine le reconnaît amusée, il lui arrive souvent de devoir rappeler ses deux hommes à l’ordre à la maison en criant « in english please » à travers l’appartement.
Finalement, sur cette question comme sur d’autres, « on fait ce qu’on peut », conclut Géraldine, qui confie : « j’ai connu beaucoup de stress les premières années, je me disais à chaque fois que c’était ma responsabilité de mère de faire au mieux. Mais aujourd’hui je suis plus relax. Il faut trouver un mode de fonctionnement : une fois qu’il est trouvé, on s’y tient ». Pour la suite, « ça dépendra de Gustave… ».

« J’ai confiance en lui »
C’est d’ailleurs un fil rouge dans le discours de Géraldine, la confiance qu’elle a en son fils pour devenir « qui il est ». « C’est certainement de l’ordre de la revanche générationnelle », analyse-t-elle. « J’ai le sentiment que nous les trentenaires n’avons pas forcément à la base confiance en nous. J’ai mis du temps à me trouver, ça m’a longtemps pesé », confie-t-elle. « Aujourd’hui, le plus important pour moi c’est que Gustave devienne ce qu’il est, qu’il trouve le plus facilement possible sa voie, quelle qu’elle soit, avec le moins de projections possibles de ma part ». Et pour se rassurer, Géraldine qui se réfère régulièrement à Françoise Dolto pendant notre conversation (« j’ai lu ses livres pendant ma grossesse, ils m’ont beaucoup inspirée ») me cite de mémoire une phrase qui lui permet de relativiser : « elle dit que l’enfant a sa personnalité, et qu’on a beau faire ce qu’on veut, finalement elle percera toujours ! ».

La note est arrivée sur la table, les ceviche de dorade sont finis, mais avant de se quitter je laisse parler ma curiosité : alors qu’elle travaille dans la presse féminine, qu’elle est incollable sur la mode, on l’aurait bien vue avec une petite fille à chouchouter…« C’est vrai, répond-elle, quand j’ai su que j’étais enceinte, j’ai eu très envie d’avoir une fille ! Et puis quand j’ai découvert que j’attendais un petit garçon, j’ai été ravie ». Elle qui se pose beaucoup de questions sur sa féminité, et sur « comment donner confiance aux femmes », trouve finalement qu’élever un garçon peut être plus simple. Et elle préfère même en rester là, comme elle l’explique dans un billet inspirant et décomplexé sur son blog (En avoir ou pas, un deuxième enfant): le désir d’enfant n’est pas revenu après sa première grossesse, et elle est heureuse comme ça.

 


Les bonnes adresses de Gé
raldine Dormoy

Mon parc parisien préféré
Notre parc préféré avec mon fils est le Jardin des Tuileries : il y a des trampolines, un très joli manège, de l’espace… Pour ne rien gâcher, déjeuner dans l’une des cahutes est toujours agréable.
Jardin des Tuileries, 113 Rue de Rivoli, 75001 Paris

Notre sortie du week-end
L’une de mes dernières découvertes se situe au sous-sol de la gare de l’Est, dans les locaux de l’Association Française des Amis des Chemins de fer (l’AFAC). Gustave nourrit une véritable passion pour les trains et ne se lasse pas de venir y admirer les réseaux ferrés miniatures et les circuits animés. L’ambiance est très particulière, on a l’impression de rentrer dans une faille spatio-temporelle, mon fils pourrait y venir tous les week-ends !
Afac, place du 11 novembre 1918, 75010 Paris, accès par la rampe Alsace située à la gauche de la gare.

Ma boutique incontournable
La Librairie Chantelivre rue de Sèvres que j’aime d’amour, dont je ne repars jamais les mains vides tant leur sélection pour enfants est réussie.
Chantelivre, 13 Rue de Sèvres, 75006 Paris

Mes adresses évasion
J’ai découvert l’Hôtel Amos en Crète l’année dernière : même si la Crète ne m’a pas plu plus que ça, l’hôtel est tellement kids friendly et sécurisé, avec des heures de baby sitting, de délicieux petit-déjeuners, une ambiance très agréable, que du coup on y retourne cette année.
Retrouvez l’article de Géraldine sur ses vacances à l’hôtel Amos.
Ammos Hotel, Irakli Avgoula str., Chania, Crète. A partir de 120 euros la chambre.
www.ammoshotel.com

Nous allons tous les ans à Arles avec Mark mon mari, et j’adore y retrouver la librairie Actes Sud. C’est un vrai labyrinthe, avec un espace magique pour les enfants et une super sélection, de très bons conseils et puis un vieux parquet qui craque plein de charme.
Librairie Actes Sud au Méjan, Place Nina-Berberova, 13200 Arles

Retrouvez Géraldine Dormoy sur son blog et sur Instagram.

M.R.

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