Confidences de maman : la nouvelle vie d’artiste d’Oriane Molinié

Oriane_Molinie
©Lou Sarda

Ex-cadre dans le monde des cosmétiques, Oriane Molinié a décidé de changer de vie pour devenir artiste dessinatrice. Une voie qui l’a toujours attirée sans qu’elle ose s’y aventurer vraiment. Ses dessins au crayon ou à l’aquarelle, délicats et poétiques, se déclinent sur des affiches, cartes postales, impressions d’art, et dans un livre pour enfants plein de tendresse. Maman de Brune, 8 ans et demi, Malo, 6 ans et Colin, 2 ans et demi, elle nous raconte comment ses trois enfants lui ont permis de trouver ce qu’elle voulait faire et qui elle voulait être. 

 

C’est grâce à ses dessins que j’ai fait la connaissance d’Oriane. Son premier album pour enfants (Nos bisous, éd. Lapeluchkili) m’a été offert en cadeau de naissance et je suis tombée sous le charme de son coup de crayon et de ses animaux qui s’embrassent au fil des pages. J’aime surtout l’idée d’un livre dont le pitch est d’apprendre le sens du mot « bisou » à son enfant… Lors de notre rencontre, elle me raconte son itinéraire de femme, de maman et d’artiste, et je trouve intéressante cette idée que la maternité nous fait grandir, nous permet de faire les bons choix et de trouver notre voie.


Une maternité initiatique
« Mes enfants m’ont amenée à trouver ce que je voulais faire », me raconte Oriane, qui a décidé il y a un an d’assumer sa vocation d’artiste et de s’y consacrer à temps plein. Après avoir passé 7 ans au marketing dans une boîte de cosmétiques, et plus de 15 ans à refouler son désir d’intégrer l’École des Beaux-Arts, elle a franchi le pas un peu après sa dernière grossesse. Elle partage désormais ses journées entre le dessin et ses cours aux Ateliers Beaux-Arts de la ville de Paris, jusqu’à la sortie de l’école à 16h30. « Comme la plupart des jeunes mamans, j’ai ressenti le besoin d’aimer mon travail, d’occuper mon temps pour quelque chose qui avait du sens pour moi. Je ne pouvais pas laisser ma fille huit heures par jour pour un job qui ne me satisfaisait pas pleinement ». Sa reconversion a commencé après la naissance de son premier enfant : « j’ai pris un 4/5 pour me consacrer à des initiatives sociales et solidaires », comme l’association Mom’artre, qui propose des ateliers d’art et de soutien scolaire aux enfants. « En assistant à ces ateliers, j’ai réalisé que j’avais envie d’être à la place des enfants, de dessiner et d’apprendre ». Lors de sa deuxième grossesse, sa réflexion prend de l’ampleur : elle décide de réaliser un bilan de compétences et s’accorde 9 mois pour un projet de livre pour enfants. « Après la naissance de Colin (le numéro 3, ndlr), c’était le bon moment. J’ai tout arrêté pour devenir artiste, et j’ai beaucoup travaillé pour réussir à le dire : « Je suis une artiste ! » ». Elle en rit, mais depuis, et malgré les concessions – notamment financières- que cela implique, elle ne regrette en aucun cas d’avoir repris ses crayons.

De l’éducation à l’éducation bienveillante
« Je suis une maman en évolution », me dit-elle, avant d’expliquer : « c’est comme si chacun de mes enfants m’avait lancé un défi et avait permis d’ouvrir une trappe, puis l’autre, pour me faire grandir ». Elle a même changé son fusil d’épaule sur pas mal de sujets, comme l’éducation ou la péridurale… « Entre mon premier et mon troisième enfant, je me suis intéressée à la psychologie et au développement personnel, au départ pour comprendre et calmer les colères de Brune ! J’ai beaucoup lu et je me suis remise en question. Alors qu’avant j’avais tendance à réagir en criant et en m’énervant sur mes enfants, j’essaie aujourd’hui, dans la mesure du possible, de rester calme, d’être à l’écoute de ce qu’ils vivent, et de ne pas entrer dans le rapport de force ». Les bases d’une éducation bienveillante qui colle avec sa vision du rôle de l’artiste, à savoir « accompagner l’épanouissement de l’être humain ».
Et pour la péridurale ? « Pour mon premier enfant, il aurait été impensable d’accoucher sans. Pour le troisième, j’ai voulu connaître la puissance d’un accouchement naturel, j’ai accouché sans péridurale et par le siège ! Après ça, j’ai eu l’impression d’être une nouvelle femme. Encore une fois c’est le genre de moment qui fait grandir quelque chose en vous… »

Pour retrouver le travail et le livre d’Oriane Molinié : orianemolinie.com

 

Ses conseils de lecture sur l’éducation bienveillante :
J’ai tout essayé, Isabelle Filliozat, JC Lattès
Pour une enfance heureuse, repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau, Catherine Gueguen, Pocket

Dans la bibliothèque de ses enfants :
Les albums de Mélanie Rutten (éditions MeMo), « parce qu’ils me parlent en tant qu’adulte, les mots et la poésie de cet auteur me touchent. »

La série La famille Souris (L’École des Loisirs), de Kazuo Iwamura, « pour les dessins très fins, les couleurs et le souci du détail. Dans les lectures jeunesse les auteurs japonais sont probablement mes préférés, je pense donc aussi à Komoko Sakai, Okada, Akiko Miyakoski, Gyo Fujikawa. »

Harry Potter en version illustrée « je l’ai découvert avec mes deux aînés, nous avons adoré le lire ensemble. »
Harry Potter à l’école des sorciers, de J. K. Rowling, illustrations Jim Kay, beau-livre collector Gallimard jeunesse.

Ses adresses arty et kids friendly
« Les ateliers de peinture inspirés du « Closlieu » d’Arno Stern, dispensés par une association dans le XVe arrondissement. Arno Stern est à l’origine de ces ateliers d’art pour enfants et adultes qui défendent entre autres l’idée que l’on dessine pour se faire plaisir, pas pour plaire aux autres ou récolter un compliment. »
L’atelier du quartier, 92, rue Blomet, 75015 Paris

Le 104 : « quel que soit l’âge des enfants, l’art y est accessible, c’est un lieu vivant qui casse les codes du musée où l’on ne peut rien toucher. Je pense que l’art doit rester un jeu pour les enfants si l’on espère susciter chez eux une émotion. »

Toutes les infos pour bruncher en famille au 104.

M. D.

 

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