Cool Parents Make Happy Kids : l’éducation positive à la portée de tous les parents

©Belly Balloon Photography - Les Louves
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Voilà un livre que l’on devrait mettre entre toutes les mains de parents d’enfants de moins de 10 ans. Parce qu’il n’a rien de dogmatique, de moralisateur ni de culpabilisateur, et que l’on peut facilement adopter ses règles très concrètes basées sur des expériences tout aussi concrètes, Cool Parents Make Happy Kids de Charlotte Ducharme d. Marabout), pourrait bien vous aider à rendre le quotidien à la maison plus zen. Notre résumé pour s’initier à l’éducation positive en 3 principes clefs.

 

Soigner la forme
Vous comprendrez rapidement en lisant ce livre que vous faites plutôt bien les choses sur le fond. L’éducation positive semble être finalement plus une affaire de présentation et de mise en scène de l’autorité que de remise en cause de vos principes d’éducation. « Il s’agit de poser des limites, mais plus important encore, de soigner la façon de les présenter », nous dit l’auteur. Pourquoi ? C’est une évidence que l’on ne rappelle jamais assez : apprendre à nos enfants à se maîtriser, à être généreux, à ne pas crier, à ne pas s’énerver, à parler correctement, à ne pas se mettre en colère, ne peut fonctionner que si l’on applique soi-même ces règles. C’est le fameux effet miroir, dont on ne devrait jamais sous-estimer la puissance…
Extrait : « Cet effet miroir doit nous inviter à réfléchir, car les miroirs ne mentent pas ! Les enfants apprennent avant tout par le mimétisme, à nous de leur proposer le meilleur modèle possible. Attachons davantage d’importance à la façon dont nous nous adressons à nos enfants plutôt qu’à ce que nous leur disons, car c’est surtout cela qu’ils retiennent. L’objectif ? Leur apprendre à respecter les règles et les autres, en nous adressant à eux comme nous aimerions qu’ils s’adressent aux autres. »
Le conseil à retenir : « S’il faut être strict sur le fond, soyons bienveillant et empathique sur la forme ».

 

Renoncer à « l’obéissance »
Attention, il n’est pas question de devenir des parents permissifs et laxistes (l’auteur en est loin), mais d’oublier le concept d’obéissance, qui implique un rapport de force, une relation dominant/dominé, la toute puissance de l’un et la soumission passive de l’autre. Avec de nombreux récits d’expériences simples vécues au moins une fois par tous les parents du monde – comme le refus de mettre ses chaussettes ou de prêter ses jouets à son frère-, l’auteur détaille les secrets de sa méthode pour rendre nos enfants, non pas plus « obéissants », mais plus coopérants. C’est la nuance essentielle que ce livre défend : se faire obéir n’est pas une fin en soi, mieux vaut se faire comprendre. Expliquer plutôt que punir, sensibiliser plutôt que sanctionner, responsabiliser plutôt qu’empêcher…
Extrait : « Il est utile d’insister sur la raison qui nous pousse à fixer une limite. C’est en tentant de donner un sens à notre interdiction que l’on se rend parfois compte que celle-ci n’a aucun sens ! La vraie raison est que l’on a envie que notre enfant fasse exactement comme on aimerait qu’il fasse ; mais il existe d’autres manières d’agir, tout aussi bonnes que la nôtre ! » Exemple : « Je ne vais pas dire : « Tu restes dans la salle de bains, parce qu’on se brosse les dents dans la salle de bains, un point c’est tout », j’insiste plutôt sur le pourquoi, en l’occurrence, le risque de tacher la moquette. « Loulou, c’est mieux que tu restes dans la salle de bains, car je ne veux surtout pas qu’il y ait une tache de dentifrice sur la moquette ! »
Le conseil à retenir : « En cas de conflit, il est important de laisser l’enfant observer les conséquences de son acte, de le laisser ressentir par empathie, la douleur ou la tristesse qu’il a provoquée, plutôt que de lui faire payer sa faute par une punition. »

 

Se mettre à sa place
L’auteur propose dans diverses situations de se mettre à la place de son enfant, autrement dit de faire preuve d’ « empathie » pour mieux comprendre ses réactions. Pas plus qu’un adulte, un enfant n’apprécie d’être critiqué, humilié, rabaissé. Pas plus qu’un adulte il n’est prêt à accepter une entrave à sa liberté si on ne lui explique pas pourquoi on lui interdit telle ou telle chose. Et c’est plutôt une bonne nouvelle : qui veut d’un enfant qui fait tout ce qu’on lui demande sans broncher ? En outre, personne ne rêve d’un enfant qui se laisse marcher sur les pieds…
Extrait : « Imaginez que vous receviez un texto de votre boss : « Tu as encore fait des fautes ! Ce n’est pas correct, il y a trop de choses qui ne vont pas ! » ou un mail du genre : « Mais tu ne peux pas faire attention, cela fait combien de fois que je te dis de… ? ! » Que ressentiriez-vous ? Lorsque l’on est ainsi humilié, on se vexe, on se décourage. Et si ce genre de remarque se répète quotidiennement, il est fort probable que l’on commence à perdre confiance en soi, à se dire qu’on ne vaut rien, qu’on n’est pas fait pour ce métier(…). Pour notre enfant c’est la même chose : les critiques le découragent plus qu’elles ne le motivent, et peuvent lui faire perdre confiance en lui, ce qui se traduit par des comportements négatifs. À force de critiques et de petites phrases blessantes, on va même abîmer notre relation de confiance avec lui. Notre enfant se confiera alors moins et on aura plus de mal à le comprendre. On risque d’entrer dans un cercle vicieux. »
Le conseil à retenir : remplacer les critiques par des formules moins humiliantes. Éviter le « tu » accusateur, le ton de reproche, lui dire plutôt ce qu’il doit faire que ce qu’il ne doit pas faire, commencer par dire quelque chose de positif, se concentrer sur l’action ou la solution pour avancer ou réparer l’erreur ou la bêtise.

Plus de conseils pour faire face aux colères, aux caprices, aux réponses insolentes et aux disputes : Cool Parents Make Happy Kids, Charlotte Ducharme (édition Marabout), et sur le blog de Charlotte Ducharme.

M. D.

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