5 conseils pour des nuits sans larmes de 0 à 6 ans

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@Belly Balloon Photography / Les Louves

Quand on devient parent, on s’attend à des nuits hachées pendant deux à quatre mois, le temps que le bébé fasse ses nuits. On ignore souvent que pour certains enfants, les petits problèmes de sommeil peuvent durer quelques années de plus… La pédopsychiatre Rosa Jové est spécialiste du sommeil. Dans son dernier ouvrage, Dormir sans larmes, elle prodigue ses astuces pour que l’enfant de 0 à 6 ans et ses parents abordent le sommeil sans angoisses.

 

En guise d’introduction, Rosa Jové rappelle que le sommeil de l’enfant est en perpétuelle évolution, et ce même lorsqu’il est dans le ventre de sa maman. Elle note aussi la nécessité de faire la distinction entre les différentes problématiques propres à l’endormissement et ce qui relève de la véritable pathologie. Chaque enfant a son rythme personnel, et il faut du temps au nouveau-né pour trouver son équilibre. Cela étant dit, voici les quelques conseils lus au fil des pages qui peuvent vous aider à réguler les phases de sommeil difficiles afin que tout le monde puisse récupérer.

 

Ne pas le laisser pleurer
Les avis diffèrent sur la question, mais pour l’auteur de cet ouvrage, il est très clair qu’il ne faudrait jamais laisser pleurer un bébé sous prétexte de le forcer à se rendormir. Elle affirme qu’il ne peut pas s’agir de caprice, surtout lorsqu’ils sont tout petits: « Un bébé ne fera jamais rien pour embêter volontairement ses parents, même si ceux-ci sont persuadés du contraire. » Chaque enfant est unique et il serait bon de lui laisser du temps pour trouver son propre équilibre en terme de sommeil. Un enfant qui pleure est inquiet, et a donc besoin des bras de ses parents pour se sentir sécurisé après sa venue au monde. Entre trois et six ans, l’enfant peut exprimer ses angoisses, ses cauchemars et ce qui l’empêche de s’endormir paisiblement. Il vous sera plus facile alors de comprendre le problème et dialoguer avec lui pour le rassurer.

La règle du 5-10-15 dénoncée
Face à un enfant qui pleure et réclame ses parents, l’auteur déconseille d’appliquer la règle du 5-10-15 et autres “méthodes” mises en place dans les années 1980 par les docteurs Valman et Ferber. Le but était d’apprendre au bébé (jusqu’à six mois) à s’endormir seul, sans l’aide ni la présence de ses parents. Selon un tableau précis, on observe que le parent est invité à aller voir son enfant au bout de 5 minutes de pleurs ou d’appels incessants, puis à retourner dans sa chambre au bout de 10 minutes sans le sortir de son lit en lui expliquant qu’il est l’heure de dormir, puis la troisième fois au bout de 15 minutes. Selon l’auteur, cette technique équivaudrait à un “dressage du sommeil” qui, en laissant pleurer l’enfant, pourrait lui causer des “chocs émotionnels”.

Expliquer les choses pour qu’elles ne se transforment pas en cauchemar
À chaque âge, il existe des phases propices à l’anxiété : entre 9 et 18 mois, il s’agit de l’angoisse de séparation, entre 2 et 3 ans l’enfant a besoin de plaire et d’imiter ses parents, et de 3 à 6 ans il prend conscience de l’ambivalence des sentiments, l’amour qu’il a pour sa petite soeur mais aussi sa jalousie envers elle par exemple. Ces moments naturels de la vie d’un enfant peuvent avoir une répercussion sur son sommeil, c’est pourquoi Rosa Jové préconise de toujours en parler. De manière générale, il faudrait toujours essayer d’éviter les situations de stress ou en tout cas en discuter avec l’enfant pour ne pas qu’elles se transforment en cauchemar : « Ils comprennent beaucoup de choses et parfois, ce qui est plus grave, ils les comprennent de travers, et leur imagination peut transformer la réalité en objet de terreur. » Et si cauchemar il y a, il ne faut pas hésiter à le lui faire raconter, et à le garder près de soi pour le rassurer. En cas de mauvais rêve récurrent, l’auteur propose: « Essayez d’en faire une histoire différente, où le rêve de votre enfant aura une fin heureuse, où le monstre aura disparu. »

Les bienfaits du « cododo » ou de la cohabitation
Pour Rosa Jové, le cododo* ou la cohabitation serait le meilleur moyen de rassurer son bébé en lui rappelant le ventre de sa maman. Elle rappelle la différence entre les deux: « Le cododo, c’est le fait de partager le même dodo, le même lit ; la cohabitation, c’est celui de partager une chambre à coucher, mais dans des lits séparés. » Entre autres, le cododo permettrait « d’apprendre au bébé à passer plus facilement d’une phase de sommeil à la suivante, parce qu’il peut se synchroniser sur la respiration de sa mère », et a l’avantage aussi de réguler sa température corporelle. Elle rappelle aussi les règles pour que le cododo se déroule le mieux possible : avoir un matelas et des oreillers relativement fermes, ne pas trop couvrir le bébé, et ne pas avoir de draps avec des lacets ou des rubans pour que l’enfant ne s’entortille pas dedans.

*Si la cohabitation dans la même chambre ne pose aucun problème de sécurité, le co-sommeil reste une pratique discutée pouvant entraîner des risques d’étouffement ou de chute, et qui relève de la liberté et de la responsabilité des parents.

Faire du sommeil un moment agréable
Même s’il existe une appréhension de votre côté à savoir comment va se dérouler la nuit à venir, Rosa Jové évoque l’importance de créer un environnement serein pour l’enfant, propice à son endormissement. Cela commence par une lumière douce, une absence de bruits ou d’activité dans la maison -autant que possible-, et une température adaptée entre 18 et 20 degrés. Ensuite, trouvez ensemble un rituel pour l’accompagner vers le sommeil, qu’il s’agisse d’une chanson, d’une histoire ou autre, en fonction de son âge: « Le but recherché, c’est que l’enfant voie le moment de dormir comme quelque chose d’agréable. Oui, rendez-lui cet instant aussi plaisant que possible! »

Dormir sans larmes, les découvertes de la science du sommeil de 0 à 6 ans, de Rosa Jové, Les Arènes.

Tiphaine Lévy-Frébault.
Crédit photo : Belly Balloon Photography / Les Louves

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