Haptonomie : une préparation à la naissance précieuse pour le futur papa

haptonomie

On connaît mal cette discipline qui consiste à préparer la naissance sur le plan affectif. Pendant la grossesse, l’haptonomie propose aux futurs parents d’entrer en contact avec leur bébé in utero par le toucher. Ces séances sont surtout un sésame précieux pour aider le futur papa à entrer dans son rôle et à soutenir la maman lors de l’accouchement. Explications.

 

L’Haptonomie, une première façon d’aimer ?
Théorisée après la Deuxième Guerre Mondiale par le chercheur Frans Veldman, l’haptonomie (du grec hapto, qui signifie « entrer en contact » et nomos : « la norme, l’éthique ») désigne, selon Albert Goldberg, praticien à Paris, « un art de mettre en jeu un contact réel affectif, établi avec tact, permettant à l’être de s’épanouir ». Appliqué dans de nombreux domaines thérapeutiques, cet « art du contact » vise à établir une relation privilégiée avec le bébé in utero, en s’appuyant sur le constat que le sentiment de sécurité affective contribue au développement de l’ensemble des capacités psychoaffectives et cognitives de l’enfant : « l’haptonomie prend très au sérieux la vie prénatale, elle aide ainsi la maman à approfondir ce contact intuitif qu’elle a avec son bébé de l’intérieur, à se préparer à la naissance et à partager cette relation avec le papa. »

En pratique : des gestes et une intention pour sécuriser le bébé
Selon Myriam Carette, sage-femme haptonome à Lille, l’haptonomie vise à apporter un sentiment de confiance et de sécurité au bébé : « à partir de 7 semaines d’aménorrhée, le bébé « entend » et perçoit les choses à travers sa peau. Le premier sens qu’il développe in utero est le toucher », d’où l’intérêt d’établir le contact par ce biais. « En haptonomie, on apprend à faire la différence entre un geste de contact qui impose sa présence à l’autre et une main qui se pose avec une intention d’accueil et d’invitation, un geste qui appelle une réponse », précise A. Goldberg.
Myriam Carette considère ainsi les coups de pieds donnés par le bébé dans le ventre de sa mère comme autant d’invitations à communiquer avec ses parents : « pendant les séances, nous faisons des jeux de déplacement de mains sur le ventre, pour comprendre comment le bébé est positionné, comment il se déplace, comment répondre à ses appels et comment le faire venir dans la main, comme pour faire un câlin… » Ces moments, aussi ludiques qu’émouvants pour les parents, « apportent une première empreinte affective à l’enfant, ils l’apaisent et lui permettent de commencer à construire sa mémoire affective », souligne M. Carette.

Se sentir utile le jour de l’accouchement
Outre le contact établi pendant la grossesse, l’haptonomie vise à préparer la naissance : « cela n’a pas grand chose à voir avec la médecine, c’est un plus que l’on apporte aux parents et à l’enfant pour que la naissance soit la moins traumatisante possible. Les parents se sentent utiles, ils apportent un soutien au bébé dans le processus de la naissance, en l’aidant à trouver son chemin, à s’engager correctement dans le bassin », explique la sage-femme. « Allier la sécurité affective à la sécurité médicale est à notre avis un facteur déterminant qui permet aux parents de vivre cet évènement – accouchement-naissance -, le plus pleinement possible. Le père se sentira moins démuni dans la salle d’accouchement et pourra apporter son aide à la maman et à son bébé, permettant de dépasser la douleur et les difficultés », précise Albert Goldberg. Ce dernier conseille même de poursuivre les séances après la naissance, lors de la première année du bébé, pour confirmer le sentiment de sécurité et de confiance de l’enfant grâce à des conseils sur le portage et les gestes les plus adéquats pour chaque grande étape du développement de l’enfant.

Quand commencer ?
Les séances peuvent entrer dans le cadre de la préparation à la naissance et être prises en charge par l’Assurance maladie, et démarrer dès le 3e ou le 4e mois de grossesse. Le contenu évoluera bien sûr avec le bébé qui grandit et qui bouge différemment selon sa taille et son poids. Myriam Carette compare ces séances à une « porte de communication » que l’on ouvre avec son bébé, il s’agit donc de ne pas la refermer, d’entretenir cette alchimie avec ses deux parents tout au long de la grossesse et après la naissance. Au total, elle considère que 7 à 8 séances constituent le parcours idéal pour bien se préparer à la naissance avec l’haptonomie.

Plus d’informations : haptonomie.org.

M. D.
Photo : Instagram

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