Maternité instinctive : et si on décidait de se faire confiance ?

On si on écoutait plus notre corps et notre bébé ?
On si on écoutait plus notre corps et notre bébé ?

Il n’y a pas d’école de la maternité, pas de guide pour apprendre à être mère, on découvre sur le tas, en même temps que notre enfant. Une jeune maman peut vite se sentir démunie face à un nourrisson, fragile, fatiguée, peu sûre d’elle : et pourtant, si l’on s’écoutait un peu plus et si l’on décidait de se faire confiance et de faire confiance à son bébé, les choses seraient beaucoup plus faciles. J’en ai fait l’expérience à la naissance de mon deuxième enfant.

Pour mon premier enfant, tout était matière à inquiétude : je manquais cruellement de confiance en moi, et j’étais une vraie éponge face aux avis des uns et des autres. Ma famille, mes amis, mon obstétricien, mon pédiatre : chacun y allait de ses conseils et j’étais trop occupée à essayer de les suivre consciencieusement pour écouter ce que me disait la première intéressée, ma fille. Et pourtant, dès les premiers jours, elle aurait pu me guider, il m’aurait suffi de mieux l’écouter et de lui faire confiance… Un bébé pleure souvent, c’est vrai. Comme me l’a expliqué une sage-femme, si ces pleurs sont souvent stressants pour les nouveaux parents, ils sont pourtant positifs : votre bébé s’exprime et les premiers mois il ne sait parler qu’à travers ses pleurs. Faim, froid, fatigue, besoin d’être rassuré, couche pleine : on comprend très vite ce qu’il nous dit, il nous guide facilement pour que l’on puisse répondre à ses besoins.

Mais j’ai eu tendance à plus écouter les autres, et à me laisser influencer par toutes ces petites phrases censées vous aider : « Ne le prend pas trop dans tes bras, tu risquerais de lui donner de mauvaises habitudes », « il faut bien qu’il apprenne à s’endormir tout seul », « laisse-le pleurer, il se rendormira », « hors de question de le prendre dans ton lit, chacun son espace », « tu es sûre qu’il mange assez ? » …

Alors j’ai passé des heures à essayer de faire dormir ma fille âgée de quelques semaines dans son berceau, je me suis fatiguée toutes les nuits en lui donnant son biberon dans sa chambre et non dans mon lit, pour ne pas lui donner « de mauvaises habitudes », je suis parfois allée à l’encontre de ce vers quoi me guidaient mes réflexes les plus primaires en me disant que « ce n’était pas bien »… Heureusement, j’ai appris au fil des mois à me faire plus confiance et à lâcher la bride. Je l’ai prise dans notre lit quand elle était inquiète la nuit et avait besoin d’un câlin, je lui ai redonné des biberons au milieu de la nuit quand elle avait faim (même si le pédiatre m’avait certifié qu’elle n’en avait pas besoin et que c’était une mauvaise idée), bref je me suis écoutée.

À l’arrivée de mon deuxième enfant, j’avais radicalement changé. Plus expérimentée, plus sereine, plus informée également sur le développement psychomoteur de l’enfant. Nous avons décidé d’un commun accord avec le papa de « nous faire confiance ». Je me souviens de cette réponse d’une sage-femme à la maternité, quand mon fils n’avait que deux jours : « évidemment qu’il veut dormir dans vos bras, c’est un bébé, il a besoin de câlins ». C’est tout bête, mais ça a tout débloqué chez moi. J’écoute mes tripes, littéralement : quand il pleure pour être dans mes bras, je n’hésite plus, la nuit comme le jour. Si cela me retourne autant le ventre de l’entendre pleurer, c’est que mon instinct me dit de m’occuper de lui, alors je suis cette part animale en moi, je lui fais confiance. Mon bébé a besoin de moi, de se sentir rassuré, il n’est pas prêt à dormir dans son propre lit et qui peut le lui reprocher, alors qu’il n’a que quelques semaines ? J’ai donc pratiqué le co-dodo, sans aucun complexe, et mon bébé s’est mis à bien dormir, sereinement. Il se couche désormais avec le sourire dans son propre lit, parce que j’ai attendu qu’il soit prêt, tout simplement. Je le nourris à la demande, sans me poser de questions. Je le prends dans mes bras dès qu’il le demande. Je lui ai donné une tétine pour soulager ses coliques et lui permettre de s’apaiser, malgré certains regards de travers. Tout ce que je dis ici peut paraître évident, mais s’il m’a fallu deux bébés et beaucoup de lâcher-prise pour en arriver là, je ne dois pas être la seule à ne pas avoir osé tout de suite me faire confiance. Votre corps vous dit des choses, votre bébé aussi, écoutez-les !

M.R.
Crédit photo : BellyBalloonPhotography / Les Louves

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Il y a 1 commentaire Lire les commentaires Laisser un commentaire
  • Cécilia dit :

    Bonjour et merci pour cet article ! Maman d’un premier enfant de deux mois, je me retrouve tout à fait dans ce que vous décrivez. C’est parfois difficile de s’écouter mais il s’avère que c’est toujours ce qui fonctionne le mieux. Je pratique également le cododo jusqu’à aujourd’hui, mais j’avoue hésiter sur la façon de passer au berceau ! Mon instinct se forge aussi par l’idée que je me fais avec tous les avis reçus, avez-vous quelques idées ?

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