Métro-boulot-bébé : bien vivre la reprise après le congé maternité

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Après trois mois ou plus darrêt de travail, dans le cocon et le rythme particulier du congé maternité, lidée de reprendre le chemin du bureau peut amener son lot dinterrogations, de conflits et dangoisses. Organiser son temps, (re)trouver sa place et sa motivation sont autant de questions que lon se pose différemment une fois devenue maman. Voici quelques clefs pour préparer sereinement votre retour à la vie professionnelle après votre congé maternité.

 

Il y a celles que l’on voit reprendre le boulot quelques jours après leur accouchement, perchées sur leurs talons et pleines d’entrain. Inutile de les envier et pas question de les stigmatiser, mais pour la plupart des jeunes mamans, la réalité de la reprise du travail après le congé maternité est une recherche d’équilibre permanente, source de nombreuses remises en question. « Une femme doit souvent se réinventer lorsqu’elle devient maman », observe Marion Eichner, conseillère en évolution professionnelle à Paris, « une naissance implique toute une série de réorganisations », précise-t-elle, et ce bouleversement concerne autant la vie privée que la vie professionnelle.

Attention au temps masqué
Au début, on fanfaronne, persuadée que l’arrivée d’un enfant ne va rien changer à nos grands principes de vie. On donne le change et on parvient presque à tout faire comme avant : sortir, travailler, courir et tout gérer… « On a tendance à ne rien vouloir modifier dans son organisation, en mettant de côté les nouveaux impératifs », constate Marion Eichner, alors qu’au contraire, il faudrait se pencher sur une nouvelle répartition de son temps pour chercher à libérer quelques heures. « Dans l’industrie, on parle de temps masqué, c’est le temps qui n’est pas pris en compte dans le prix de revient d’un produit mais dans lequel on a réussi à faire beaucoup de choses. J’ai parfois l’impression qu’on nous demande d’élever nos enfants en temps masqué ».

En effet, au-delà des invariants biberon/couches/bain/dîner/coucher, il y a ce nouveau temps d’écoute et d’attention, qui devient temps d’éducation et de partage au fur et à mesure que l’enfant grandit. Réfléchir à l’organisation de son quotidien en prenant en compte ces nouveaux impondérables n’est pas un luxe lorsque l’on s’apprête à reprendre le boulot. Cela peut prendre la forme d’une discussion de couple, « où l’on aborde les attentes de l’un et de l’autre, le modèle que l’on souhaite transmettre à ses enfants, ce à quoi on tient et ce qu’on est prêt à réinventer », propose Marion.


Sortir du présent

Dans cette période de réorganisation du quotidien, le plus délicat est de trouver un équilibre entre le couple, le bébé et soi-même en tant qu’individu. Un exercice difficile lorsque l’on se sent submergée par l’emploi du temps familial et social : où placer la vie professionnelle dans cet agenda chargé ? « Se pose la question, à un moment donné, de savoir comment on se réalise en dehors des enfants et du couple », soulève Marion. Là encore, mettre les choses en perspective permet de relâcher la pression et de repenser plus sereinement à sa carrière : à chaque période ses priorités. « La petite enfance est une période contraignante où votre enfant a besoin de vous, mais il faut se projeter dans quelques années, quand ils seront plus libres et plus détachés, et que vous pourrez travailler davantage. Penser à long-terme en fonction des besoins de l’enfant peut aider à trouver ce fameux équilibre », conseille Marion.

Trouver sa place
De retour de congé maternité, le bureau, la place du pot à crayon, la mission et les collaborateurs n’ont pas changé. Pourtant, vous ne vous sentez pas à votre place, vous ne supportez plus rien ni personne et votre job vous ennuie (pour rester polie). Le premier réflexe serait de se dire que ce que l’on vit n’est rien moins qu’un syndrome de jeune mère, qui n’a plus envie de passer ses journées derrière un ordinateur alors qu’elle pourrait regarder son bébé grandir… Dans ce cas, il faut savoir se laisser du temps pour retrouver le goût du travail et ne pas hésiter à relever de nouveaux challenges pour faire renaître la motivation.

Mais l’origine du problème est peut-être un peu plus lointaine. Aimait-on vraiment ce boulot avant ? « La maternité peut avoir un effet d’amplificateur de doutes et de questions déjà présents avant l’enfant », note Marion. « Les grands changements de place dans la cellule familiale ont forcément un écho dans le travail », ajoute-t-elle. « Évidemment cette perte de repères est subjective et non perçue par l’employeur, alors qu’elle génère un vrai mal-être chez la jeune maman, prise dans un « conflit de loyauté » entre son enfant et son employeur ».

La solution ? Comprendre les causes profondes de cette perte de motivation, en se demandant si cela est vraiment lié à la maternité. Sortir l’enfant du débat pour se poser la question d’un point de vue strictement professionnel. « Avec ou sans enfants, il y a différentes étapes de motivation dans une carrière : au début, on cherche la reconnaissance et l’efficacité à tout prix, mais avec les années on commence à se demander à quoi on contribue, à qui et à quoi on sert. La maternité peut accentuer tout cela, mais il faut surtout démêler ce qui se passe en nous », explique Marion Eichner.
Si les raisons sont purement professionnelles, c’est peut-être le moment de vous réorienter grâce à un bilan de compétences ou l’aide d’un coach professionnel, si elles sont psychologiques, de consulter un psychologue. « Quelles que soient les questions que l’on se pose, il faut toujours commencer par distinguer autant que possible le pro et le perso et ensuite envisager de se faire aider », conclut Marion.

M. D.

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